Chères libertin.es de notre temps,
C’est en ces termes que je vous transmet ma plus tendre affection et tente de vous convaincre de mon sincère sentiment de culpabilité. En effet, il est impardonnable de ne pouvoir être parmi vous ce soir. Il n’eut été de plus grande émotion que de faire partie de vos rangs, dans ce coquet petit boudoir de pierres de tailles, ou chaleur et promiscuité savent nous faire entendre cet appel des sens qui nous guide tout en sensibilité vers la rencontre charnel de son prochain. Ce lieu que nous aimons appeler, Théâtre, mais que, lors de mon passage avec mes deux petits camarade de foire, ce transformera l’espace de quelques minutes, je l’espère, avec vous, en un ersatz cabarétique et peut-être même en salon des curiosités. Ou plutôt devrais-je dire de LA curiosité, car elle ne sera autre que, et je le dis sans détours : Ma personne. Je vais tenter de ne point lasser vos oreilles et m’appliquerais du mieux que je le pourrais à vous surprendre, car comme on aime le dire chez moi « Vous n’êtes pas arrivé au bout de vos surprises ». Mais ils en est certains qui n’ont jamais eu vent de mon existence. Dois-je le rappeler ? Oui certainement, car il n’y a pas plus ignare que celui qui crois déjà tout savoir. Je m’introduirais donc dès ce moment-ci : Je m’appelle Françon, d’aucuns m’appellent aujourd’hui La Duclos, pour les raisons que vous découvrirez dès les premiers instants du mon récit, si l’ardeur de venir me rencontrer persiste à la fin de ce petit billet. Je suis aujourd’hui une sainte maîtresse – ou plutôt « Abbesse » comme j’aime à le préciser- il n’y a pas maison mieux tenue que la mienne et aucune autre ne sait le mieux répondre aux plus farouches et insoutenables fantasmes des hommes.
Je n’irais pas par quatre chemin, j’irais droit au but, sans faire de détours donc. Mon histoire est terrifiante mais j’en suis pas moins humaine. Je suis fière de ce que je suis devenue. Ce que vous découvrirez tout en littérature, chansons réalistes et danses glaçantes, c’est l’histoire de l’exploitation pure et simple des corps. Car comme vous le savez, nous sommes toutes et tous exposé, dès notre plus jeune âge, aux desiderata de ce que nous aimons appeler chez nous : la « junte » masculine. Mon histoire est violente et vous serez tenté de me juger, souvent ; de rire, sans aucun doute, mais à vos dépends ; et d’interroger votre morale bien plus de fois qu’il n’en faut pour le dire. Je viens vous conter une histoire, une parmi tant d’autres, de la perversion abyssale du patriarcat. Je n’ai trouvé d’autres mots plus justes que ceux du Marquis de Sade, car il est un de celleux qui a su, sans détours, mettre la noirceur humaine sous le nez de ses propres sujets. Il révèle ce que chacun croit être caché, ce que d’autres croit destiné à quelques marginaux. Tentez cette fois-ci de faire face à vos paradoxes les plus noirs, vos désirs les plus sombres et à cette violence que vous avez l’audace de considérer comme votre Force et vos Convictions. Messieurs entendez-vous à qui sont destinés ces mots ?

Chères libertin.es je vous souhaite une bonne soiré et espère avoir piqué votre curiosités.

Signé : Françon, « La Duclos ».

Avec
LUCA FIORELLO
SIMON TERRENOIRE ET
SIMON TESSIER

Oeil exterieur PIERRE MAILLET
Création lumiere SIBYLLE CABELLO
Création costume ELOISE SIMONIS
Projet de la compagnie LA DERNIÈRE BALEINE
Soutenu par LE THÉÂTRE DES LUCIOLES